Les Sâadiens. /9.

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Soubise
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Les Sâadiens. /9.

Message : #Message non lu Soubise

Les Sâadiens. /9.

Nous avons pus observés que jusqu'à la fin de la dynastie des Wattasides, celle ci et les précédentes étaient d'origine Berbère Zenète.
Nous avons vus également que le pouvoir de la dynastie Wattasside, ébranlée de toutes parts, cédait sous la pression des Portugais, des ottomans et d'une multitude de petits régimes opportunistes, dont un plus important d'origine Arabe de la vallée du Drâa, les Zaynanides ou Sâadiens.
Les Portugais avaient conquis les villes de Ceuta à Agadir et Boujdour, avec pour places fortes,Tanger, Asilah, Larache, Azemmour, Mazagan, Safi et Castelo Real de Mogador.

Cette tribu, les Sâadiens, d'origine du moyen Orient dans la région de Yambo en Arabie, avait pris pied, force et vigueur dans la vallée du Draâ.
Cette tribu chérifienne,(Les croyants purs) descendant en droite ligne du prophète, se veut légitime pour mener la guerre sainte et reprendre certaines villes occupées par les conquérants Lusitaniens.
Muhammad al-Mahdi al-Qaim bi-Amr Allah,surnommé aussi al-Mahdî fort de se victoires sur les Portugais, devint ainsi le premier Sultan Sâadien.
Cependant la dynastie Wattasside n'avait pas encore totalement disparue et celle des Sâadiens prenait corps au détriment de la chute de Wattassides.
Al-Mahdî mourut en 1517,laissant deux fils Ahmed el Arej et Mohammed Ech Cheikh.

En 1525 ses deux fils profitant du désordre régnant, conquirent Marrakech qui devint la capitale des Sâadiens.
La dynastie Wattasside n'avait pas pour autant totalement disparue alors que celle des Sâadiens prenait de l'importance au détriment de leur chute.
Et c'est bien en tant que vassaux des Wattassides que les deux frères reprirent la Ville d'Agadir en 1541, ne restent plus à ce moment que Mazagan, Ceuta et Tanger encore sous domination Portugaise.
Trois ans plus tard, le jeune frère Mohammed Ech Cheikh évinça définitivement Ahmed al-Araj.
En 1545 Mohammed ech-Cheikh livre bataille contre l’armée wattasside sur l’oued Derna, le Sultan Abû al-`Abbâs Ahmad est fait prisonnier et sera remplacé sur le trône de Fès par son frère Abû. S Hasûn `Alî .
En 1549, Mohammed ech-Cheikh s’empare de Fès, assoit ainsi son pouvoir et réussi la réunification.
Une guerre est alors engagée contre l'armée Ottomane qui gagnait de plus en plus de terrain.
Il fit alliance avec les Espagnols d’Oran, gouvernés par le comte d’Alcaudete, afin de mener campagne commune contre les Turcs d’Alger.
Cette politique suscite l’opposition des zaouïas qui lui reprochent de s’allier avec des chrétiens contre d’autres musulmans.
Il est finalement assassiné par l’officier qui commandait sa garde personnelle.
Son fils Abdallah el-Ghalib arriva au pouvoir juste après la cinglante défaite des troupes ottomanes sur l'oued Leben et l'assassinat de son père.
Ce qui laissa des traces négatives dans la descendance de Mohammed Ech-Cheikh qui avait trois fils, dont deux plus âgés qui se sentirent lésés.

En 1578 à Ksar el-Kébir (bataille des Trois Rois),sur l'oued el-Makhazin, l’armée Portugaise menée par le jeune roi Sébastien 1°, roi du Portugal, composée de mercenaires originaires de toute la chrétienté occidentale et alliée à l'armée du dissident Mohammed El Moutaoukil est complètement anéantie par les forces Sâadiennes conduites par Abd al-Malik aidées par les confréries mystiques de la Chadilya et la Jazoulya.
Sébastien 1° fut tué dans la bataille, tandis que Mohammed El Moutaoukil se noya en voulant s'échapper par l'oued.
Après cette bataille, Abd al-Malik mourut d'intoxication alimentaire et laissa la place à son frère Ahmed El Mansour ( Le Victorieux).
Fort de ses victoires sur les Portugais et porté par les zaouias, Ahmed El Mansour tînt tête à l'armée Turc à l'est, pendant qu'il décimait les derniers descendants Wattassides ,il reprit la ville de Fès retombée aux mains Turcs parvenant ainsi à réunir à nouveau le makzen du Maroc.

S'ensuit alors sous son règne une période d'accalmie relative.
Les Portugais boutés, les Turcs repoussés vers l'Algérie, les wattassides anéantis, Ahmed El Mansour porta son intérêt vers le sud, au delà du désert, là
ou le commerce des richesses remontaient jusqu'à Sijilmassa véritable plaque tournante du commerce.
Son armée conquit de grands territoires, la Mauritanie, le Mali, une partie du Soudan et descendit jusqu'aux boucles du Niger.
Il mit la main sur l'or du Bambouk, du Bouré et du Lobi sur la Volta.
Le sel de l'oasis de Tegharza et Oualata, l'ambre gris et la gomme Arabique, ainsi que nombre d'esclaves qui feront aussi partis du butin.

En 1591, sous le commandement de Yuder Pacha, une armée de 3 000 hommes, part à l'assaut de l'Empire songhaï de Gao. Il rencontre l'armée de l’askia Ishaq II à Tondibi. Le bruit et les ravages causés par les armes à feu mettent en déroute 30 000 à 40 000 guerriers songhaïs.

Ishaq II se replie sur Gao, puis évacue sa capitale qui est occupée. Le vainqueur Djouder reçoit une proposition de paix refusée immédiatement par le sultan qui exige l'or. L'armée marocaine pille tout ce qu'elle trouve et l'envoie au Maroc (on parle d'1T à 1T1/2 d'or). L'empire songhaï ne s'en remettra jamais et aucun empire ouest-africain de cette taille ne renaîtra de cette défaite.

Fort de cette richesse Il se fait construire à Marrakech le Palais El Badi (« l’incomparable »).
A la mort de El Mansour en 1603, ses trois fils, Moulay Zidane sultan de Fès, Abou Faris sultan de Merrakech et Al Mamoun le débauché,jeté en prison par son père, s'entredéchirèrent.
Al Mamoun aidé par les Espagnols en échange de la ville de Larrache, reprit Fès. Il fut assassiné en 1613 et son fils Abdallah lui succéda jusqu'en 1623 dans un climat de haine et de réglements de comptes.
Les grandes villes changeaient de main comme le ressac de la mer disait on.

Les pirates de Salé, les zaouias rebelles El Ayachi et Dila et la tribu Allaouites, finirent par instaurer le chaos.

C'est ainsi qu'une des plus grande dynastie Marocaine s'éteignit dans un désordre semblable aux dynasties antérieures après le règne de Abd el Malek en 1626.

Tous les monuments architecturaux des Saâdiens furent détruit par la dynastie des Allaouites, ne subsiste aujourd'hui que la nécropole des rois Sâadiens à Marrakech qui fut respectée comme sépulture mais murée et redécouverte au début du 20 ° siècle.


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